Le Panthéon

Lawrence Morley 1920-2013

Au moment du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, j’étudiais la physique et la géologie à l’Université de Toronto. J’ai interrompu mes études pour servir comme opérateur radar dans la Marine royale canadienne, après quoi je suis retourné à l’université. Je n’ai pas tardé à tirer parti de l’expérience acquise pendant la guerre. J’ai adapté des technologies sous marines pour qu’on puisse les utiliser afin de trouver des gisements minéraux du haut des airs. En 1950 et 1952, j’ai ajouté respectivement une maîtrise et un doctorat à mon curriculum vitae.

En 1953, je devenais le premier géophysicien de la Commission géologique du Canada. Plus tard, j’ai accédé au poste de directeur de l’organisme, fonction que j’ai exercée pendant 17 ans. Au cours de cette période, nous avons conçu de nouveaux instruments magnétiques pour effectuer des levés aéroportés du vaste territoire et des énormes ressources du Canada.

Au début des années 1960, la plupart des connaissances géologiques demeuraient fondées sur l’hypothèse erronée que les continents ne bougeaient pas. Les géologues avaient de la difficulté à expliquer les anomalies magnétiques constatées au fond des océans. J’ai formulé l’hypothèse selon laquelle, lorsqu’il s’étend, le plancher océanique révèle de nouvelles roches, qui gardent en mémoire l’orientation du champ magnétique de la planète. Lorsque le champ magnétique terrestre s’inverse, la polarité des roches nouvellement formées est aussi inversée. Mes découvertes et mes explications ont été combinées aux conclusions obtenues par Fred Vine et Drummond Matthews, en Angleterre, ce qui a donné lieu à ce qu’on appelle l’hypothèse Morley-Vine-Matthews. Cette hypothèse constitue le fondement des théories actuelles au sujet de la dérive des continents et des plaques tectoniques, qui ont changé la façon dont les géoscientifiques perçoivent la Terre.

J’ai découvert la télédétection au milieu des années 1960. Cette technologie peut servir à la production de cartes détaillées de la surface de la Terre, qui sont utiles à l’étude de l’agriculture, de la géologie et des blocs de glace, entre autres. En 1971, je fondais le Centre canadien de télédétection et j’en devenais le premier président. Nous avons employé d’abord des avions, puis des satellites RADARSAT, ce qui a fait du Canada un leader mondial dans le domaine de la télédétection.

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